Reconnue aujourd’hui comme l’une des plus grandes Street Photographers du XXème siècle, Vivian Maier est née à New York en1926, d’une mère française, avant de résider à Chicago. Vivian Maier était inséparable de son Rolleiflex et prit tout au long de son existence plus de 100 000 photographies sans jamais les montrer. Sa production est demeurée inconnue jusqu’à sa mort et sa découverte fortuite en 2008. À la fin de l’année 2007, une partie des biens de Vivian Maier ont été mis aux enchères. Hospitalisée, elle ne pouvait plus payer la location du box qu’elle utilisait pour les stocker.
C’est John Maloof, un jeune agent immobilier de 25 ans à la recherche de photos pour illustrer un livre sur le quartier de Portage Parik à Chicago, qui achète pour 400 dollars le plus gros lot de négatifs (30 000 négatifs, des dizaines de rouleaux de pellicule et seulement quelques tirages réalisés dans les années 1950-1960). Il n’y a pas d’images de Portage Park. Déçu, John Maloof remise son achat dans un placard.
En 2008, Ron Slattery est le premier à publier des photos de Vivian Maier en ligne sans réels échos. A peu près au même moment, John Maloof ressort les négatifs, les numérise par centaines et commence à les vendre sur eBay. Il rencontre par ce biais un professeur d’art qui lui fait prendre conscience de l’importance de l’œuvre de Vivian.
En avril 2009, John Maloof découvre dans un carton une enveloppe d’un laboratoire de photo portant le nom de Vivian Maier écrit au crayon. Il tape le nom de Vivian Maier sur Google et apprend par un avis de décès paru quelques jours plus tôt dans un journal qu’elle est décédée à l’âge de 83 ans. Les frères Gensburg, que Vivian Maier a élevés de 1956 à 1972 et qui se sont occupés d’elle dans les dernières années de sa vie, ont fait publier une notice nécrologique à ce sujet.
Si l’histoire de Vivian Maier prend fin pour les fidèles frères Gensburg, elle ne fait que commencer pour le monde entier qui la découvre par le livre de John Maloof Vivian Maier, Street Photographer. Ce livre reçoit partout un accueil admiratif et suscite de nombreux articles dans la presse américaine.
Son secret est d’avoir réalisé au cours de sa vie près de 120 000 photos de rue, sans les avoir vues elle-même pour une bonne partie puisqu’elle n’a pas toujours eu la possibilité ni les moyens financiers de développer ou de faire développer ses négatifs. Elle n’a pas montré ses tirages, n’a pas parlé de son travail et, a priori, elle n’a jamais tenté de tirer profit de ses clichés.
L’incroyable histoire de Vivian Maier a été notamment reconstituée par John Maloof, dans un documentaire « À la recherche de Vivian Maier » diffusé en 2013, qui a recherché les témoins de son existence aux États-Unis en retrouvant notamment les familles auprès desquelles elle a vécu comme nourrice.