En partenariat avec la délégation du Ministère de la Culture de Khenifra et de l’Association des Enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (AESVT), l’Association Marocaine d’Art Photographique (AMAP) a organisé du 14 au 16 mai dernier un atelier photo au profit d’une vingtaine de lycéens de la ville de Khenifra qui ont été sélectionnés.

Animé par Jaafar Akil, président de l’AMAP, le premier volet de cet atelier a été consacré à l’histoire de la photographie au Maroc et à la lecture de l’image. Avec des documents à l’appui, Akil a donné un aperçu sur les pionniers de la photographie au Maroc et les principaux thèmes qu’ils ont pu aborder dès la fin du IXXe siècle. D’après Akil, la naissance de la photographie au Maroc est surtout liée au Sultan Abdelaziz, roi du Maroc de 1894 à 1908, qui a été initié par le photographe français Gabriel Veyre durant les premières années du XXe siècle. Des années durant et selon des historiens cités par Akil, la photographie était perçue par les marocains comme une invention surnaturelle, susceptible d’emprisonner les âmes. Certains intellectuels de l’époque considéraient que l’islam proscrit la représentation de la figure humaine et que cet acte est une atteinte à l’intégrité et à la foi du musulman. Avant de donner un aperçu sur les nouvelles tendances de la fin du XXe et du début du XXIe siècle, l’animateur a tenu à montrer l’importance historique de l’édition du premier livre photo marocain «Grains de peau» en 1974 par Mohamed Benissa ex-ministre des affaires étrangères. La deuxième partie de l’intervention de Jaafar Akil a été axée sur les différents outils de lecture d’une image dans ses aspects iconiques, culturels et politiques en prenant comme exemple une photo du chef de gouvernement Benkirane avec son compagnon, le défunt Baha qui faisait la Une d’un magazine.

Le deuxième volet de cet atelier a été consacré aux bases techniques et esthétiques de la photographie. Animé par Mohamed Mali, directeur de la rédaction de Photo News, ce volet a permis aux participants de bien comprendre les éléments importants d’un appareil photo et les différents réglages qu’il faut utiliser selon les circonstances et les buts recherchés. La partie esthétique a été axée essentiellement sur les bases classiques de la composition comme le cadrage, le point de vue, la règle des tiers, l’équilibre des masses, la couleur,...

Dans son intervention très pédagogique au troisième volet de cet atelier, le photographe Azzeddine Alami a donné aux participants les bases essentielles de la macrophotographie, une discipline qui nécessite un matériel spécial, une parfaite maîtrise des paramètres de prise de vue et une grande patience. Photographe passionné depuis plus de 50 ans, Alami a ramené avec lui tout le matériel nécessaire à la macrophographie afin de faire des essais sur place et montrer les difficultés des prises de vue dans cette discipline photographique.

Afin d’évaluer les connaissances acquises et confronter la réalité avec ses contraintes sur le terrain, les participants ont été divisés, le dernier jour, en 3 groupes pour réaliser des exercices d’application dans trois lieux différents de la ville de Khenifra. L’atelier s’est achevé par une séance de projection et de critique des photos réalisées et par la distribution des attestations de participation.